La Lettre du Neurologue Mai 2012: Epilepsie et Femme
- La grossesse de la patiente épileptique doit être planifiée et le traitement antiépileptique révisé si besoin avant la grossesse.
- Le valproate de sodium semble à ce jour avoir le potentiel tératogène malformatif et cognitif le plus important et, de ce fait, devra être évité, si possible pendant la grossesse, alors que la lamotrigine à des posologies inférieures à 300 mg/j ne semble pas avoir de potentiel tératogène malformatif.
Un monitoring des taux plasmatiques de médicaments et une surveillance échographique accrue sont recommandés pendant la grossesse.
- L’accouchement par voie basse, sous péridurale, est préconisé.
- L’allaitement est à considérer au cas par cas.
S. Dupont
- Les hormones sexuelles, par leurs variations cycliques de concentration, jouent un rôle dans la physiopathologie de l’épilepsie ; l’estradiol est proconvulsivant, alors que la progestérone est anticonvulsivante.
- L’épilepsie cataméniale (EC) correspond à la survenue ou à la recrudescence des crises lors d’une ou de plusieurs phases du cycle menstruel. Sa prise en charge thérapeutique – faisant appel soit à la progestérone naturelle, soit aux antiépileptiques –, est délicate.
- La périménopause est une période favorisant l’aggravation des crises, surtout chez les femmes souffrant d’EC.
- Après la ménopause, la fréquence des crises a tendance à diminuer chez les femmes qui présentaient une EC et chez celles qui ont un syndrome climatérique modéré. La prise d’un traitement hormonal de la ménopause favorise l’exacerbation des crises.
L. Maitrot-Mantelet, G. Plu-Bureau
- Les grossesses des femmes sous antiépileptiques doivent être programmées..
- Les antiépileptiques inducteurs enzymatiques peuvent réduire l’efficacité des contraceptions hormonales. Les patientes doivent en être informées, et il faudra éviter les contraceptions estroprogestatives minidosées (orale, patch ou anneau), les microprogestatifs ou l’implant, en privilégiant plutôt une contraception normodosée, ou non hormonale.
- Les estroprogestatifs peuvent réduire les taux plasmatiques de lamotrigine et entraîner une recrudescence des crises.
L. Maitrot-Mantelet, G. Plu-Bureau
- La migraine est une affection de fréquence élevée dont les liens avec les hormones stéroïdes sexuelles, endogènes ou exogènes, sont incontestables.
- Avant toute prescription d’hormones exogènes, il est indispensable d’interroger les femmes sur l’existence d’une migraine simple ou d’une migraine avec aura.
- La migraine avec aura est une contre-indication absolue à l’utilisation de contraceptions combinées d’estro-progestatifs en raison du risque accru d’AVC ischémique.
- Le traitement hormonal de la ménopause par voie orale augmente le risque d’AVC et son utilisation chez les femmes migraineuses doit être prudente.
G. Plu-Bureau, L. Maitrot-Mantelet
- Définie comme une crise de migraine survenant entre J-2 et J+3 du cycle menstruel, la migraine cataméniale est rarement pure, survenant plus volontiers sur un terrain migraineux.
- Les crises sont globalement plus sévères, plus prolongées et souvent résistantes aux thérapeutiques habituelles.
- La migraine cataméniale constitue pour certaines femmes un vrai handicap du fait de sa récurrence et de sa difficulté de prise en charge.
- sa physiopathologie complexe fait intervenir un delta de variation de l’estradiolémie.
- Les traitements de crise imposent un certain degré d’anticipation et restent, néanmoins, souvent insuffisants.
- Les stratégies prophylactiques utilisent les estrogènes cutanés et nécessitent, le cas échéant, un ajustement de la contraception.
B. Raccah-Tebeka
- Tout au long de la grossesse et du post-partum, la prise en charge des céphalées doit suivre les mêmes règles qu’en dehors de la grossesse. La première étape est d’établir un diagnostic précis. L’imagerie cérébrale, si elle est jugée nécessaire, ne doit pas être récusée.
- Une céphalée inhabituelle doit toujours faire rechercher une cause secondaire. Certaines pathologies, telles que l’éclampsie et l’angiopathie du post-partum, surviennent électivement durant la grossesse et le post-partum.
- Le plus souvent, la céphalée est primaire. La migraine est la cause la plus fréquente. Le traitement de crise est le paracétamol associé en cas d’échec à la codéïne. En cas de crises fréquentes, un traitement de fond peut être maintenu, ou parfois instauré en cours de la grossesse. Il doit privilégier l’amitriptyline ou le propranolol.
A. Ducros