COMMUNIQUÉ DU CNCD du 1/11/2011 TCHAD: LE RÉGIME DOIT TOMBER
Tous les signaux de fin de règne sont perceptibles. L’État tchadien est en déliquescence avancée et le
pouvoir « Itnotisant » de Déby est aux abois. Incapable de se remettre en cause, le régime est sans vision
d’avenir ni projet de société crédible. Le président Déby est sourd et aveugle à tous les cris de détresse de la
population, refusant toute conférence inclusive de paix et violant systématiquement tous les accords
conclus. Le pouvoir de Ndjamena s’obstine dans ses manœuvres scélérates parachevant inexorablement son
processus de pourrissement.
Peuple du Tchad, à toi de donner le coup de grâce afin d’ouvrir les vannes de la LIBERTÉ et des nouvelles
perspectives heureuses pour ta patrie.
Le CNCD soutient les revendications légitimes des étudiants grévistes, les retraités, les fonctionnaires de tous
les secteurs, les commerçants, les militaires, et la jeunesse...
Après vingt et un ans (21) d’un régime clanique sans partage, notre pays est plongé dans une crise d’une
gravité sans précédent. Ce régime est illégitime, prédateur et criminel.
Sur le plan politique:
Dès la prise du pouvoir par Idriss Deby en décembre 1990, la politique menée est caractérisée par : une
violence crapuleuse, institutionnalisation des crimes politiques. Il a d’abord procédé à écarter du pouvoir des
compagnons de premières heures et puis progressivement à la liquidation systématique des opposants avec
lesquels son régime a signé des accords de réconciliation. Le Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, Secrétaire
générale du PLD, Porte Parole du CPCD (la principale coalition de Partis politiques de l’opposition, avec
laquelle le régime a signé un accord dit « du 13 aout », parrainé par l’UE).
Depuis un certain temps, on observe au sein du clan une recrudescence des assassinats. Quand la fin est
proche, les loups se mangent entre eux.
Sur le plan institutionnel:
Au fil des années, le pouvoir va se concentrer entre les seules mains d’Idriss Deby, de son clan et de son parti
(MPS). S’arrogeant tous les leviers de commande de la vie politique, de l’administration, de la justice, des
principaux médias des forces de défenses et de sécurités. Il se sert des institutions de la république selon son
bon vouloir et dispose de l’État comme d’un bien privé, conduisant le pays dans l’impasse actuelle. En 2005,
le président Déby a modifié la constitution en violation de ses engagements solennels et de l’esprit même de
la constitution afin d’instituer une présidence à vie.
Les dernières élections présidentielles et législatives, à l’instar de toutes celles tenues depuis 1996 ont été
entachées de fraudes massives et marquées par l’usage de la violence à des fins d’intimidation des
adversaires politiques et de leurs militants. Boycottée par les principaux candidats de l’opposition, cette
présidentielle marque une fois de plus le sacre d’un potentat honni par le peuple.
Sur le plan économique :
Le bilan est tout aussi effroyable. Le FMI dans son dernier rapport 2011, livre une analyse sans concession de
l’état catastrophique de l’économie tchadienne caractérisée par une corruption endémique, une gestion
opaque des finances publiques et de la trésorerie, l’octroi abusif de marchés de gré à gré au profit des
proches, un manque notoire de transparence budgétaire, des insuffisances profondes dans les normes et
cadres budgétaires légaux. Par exemple, la douane tchadienne une des principales sources de recettes pour
l’économie tchadienne est contrôlée de manière totalement maffieuse par Mme HAIGA Déby, la sœur du
président Idriss Deby. Il en est de même de toutes les entreprises étatiques. Le Tchad est littéralement
dépecé par l’oligarchie au pouvoir et la population laissée pour compte.
Tous les objectifs annoncés avec l’ère pétrolière ont échoué, pire la situation est chaotique. Les différents
rapports d’organisations internationales telles le PNUD, Transparency International, la Fondation Mo
Ibrahim, la Banque Mondiale, etc. placent toujours le Tchad soit à la tête des pays les plus corrompus au
monde ou au contraire, au dernier rang des pays les plus pauvres de la planète.
La situation sociale:
Elle est explosive. Tous les ingrédients d’un soulèvement populaire sont réunis. Depuis 2003, le Tchad est
rentré dans le club des pays producteurs de pétrole avec un revenu annuel de plus de 750 millions d’euros,
soit environ (500 milliards de FCFA), et pourtant, l’écrasante majorité des Tchadiens vit sans électricité et n’a
pas accès à l’eau potable. Et bien heureuses les familles tchadiennes qui font les trois repas journaliers.
Les grèves se succèdent et touchent toutes les catégories sociales : Les étudiants réclamant des longs mois
d’arriérés de bourses (35€/mensuel), les retraités leurs pensions, les fonctionnaires de tous les secteurs la
revalorisation de leurs salaires, les commerçants le paiement de la dette intérieur, les militaires leurs droits,
et les jeunes diplômés chômeurs.
Ndjamena est classée parmi les villes les plus chères au monde avec un SMIG théorique de 60.000 FCFA
sensiblement égal à (90 euros). Les tracts, les tags « Déby Dégage » se multiplient sur l’ensemble du
territoire national.
Face à cette colère populaire légitime, le gouvernement comme à son habitude répond par la menace et la
répression. Les étudiants arrêtés sont toujours en détention. Le premier ministre Emmanuel Nadingar accuse
les étudiants, les retraités civils et militaires, les fonctionnaires et les petits commerçants d'être téléguidés
par des politiciens.
Sur le plan international:
L’ère Déby s’est illustrée par une série de décisions et de pratiques toutes aussi irresponsables les unes les
autres qui ont contribué à définitivement décrédibiliser notre pays aux yeux de la communauté
internationale. En 1999, l’Assemblée nationale tchadienne, une caisse de résonance du pouvoir, a adopté
une modification de la loi sur le pétrole, qui régit la gestion des revenus pétroliers. Pour la Banque mondiale,
cette loi constituait le fondement de la coopération entre les deux partenaires et surtout devait servir de
modèle à travers le monde pour garantir la bonne gouvernance et la bonne gestion dans ce domaine.
On retiendra surtout, ces terribles images passées en boucle sur toutes les télévisions du monde de
concitoyens envoyés à la potence comme mercenaire en Libye moyennant de l’argent, tout comme le
régime Déby l’a fait quelques années auparavant en RCA, au Togo, et en RDC.
À titre d’exemple, de l’implication du président Déby dans la grande criminalité internationale : L’affaire des
faux Dinars de Bahreïn, l’arrestation de son conseiller Djamal Aganaye en Allemagne avec une centaine de
kilos de cocaïne.
LE CNCD APPELLE AU RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE DE TOUTES LES FORCES VIVES.
Tchadiens, Tchadiennes,
Chers (es) Compatriotes.
Face à cette situation socio- politique grave, le CNCD appelle les Tchadiennes et Tchadiens de toutes
conditions sociales, de toutes tendances politiques et de toute confession, à prendre leurs responsabilités
devant notre destin et l’histoire.
Nous devons unir nos forces et mettre un terme à ce régime qui depuis 21 ans foule aux pieds nos
aspirations les plus légitimes et brise toutes les perspectives de développement malgré les énormes
ressources dont regorge notre pays.
Nous exhortons tous les patriotes épris de paix et de justice, toutes les volontés intellectuelles, politiques et
citoyennes préoccupées par l’intérêt supérieur de notre pays à adhérer avec nous à ce consensus politique.
Le CNCD est l’instrument de rassemblement de toutes les forces vives de la Nation pour la libération de
notre peuple par un Changement radical et pacifique.
À travers cette plate-forme commune qui se propose d’être le creuset de toutes nos aspirations collectives,
nous nous engageons résolument aux côtés de notre peuple dans sa lutte, pour sa pleine souveraineté et
l’instauration d’un État de droit.
Le CNCD lance un appel solennel aux pays frères et amis d’aider le peuple tchadien dans sa lutte pour la
démocratie.
Fait le 1er novembre 2011
la Coordinatrice du CNCD